
Diplômée du baccalauréat en 2024, je me suis engagée dans un cursus de trois ans dans l’objectif d’obtenir un diplôme national d’art aux Beaux-Arts du Port.
Actuellement en deuxième année, je travaille autour de diverses notions qui me sont chères, dont l’autoportrait, la mémoire intime et collective, ainsi que la couleur rouge.
Je nourris ma pratique de différentes symboliques (religieuses, historiques, culturelles) et interroge mon histoire et mon corps à travers des mises en scène, le tout dans une esthétique d’horreur sublimée.


Diplômée du baccalauréat en 2024, je me suis engagée dans un cursus de trois ans dans l’objectif d’obtenir un diplôme national d’art aux Beaux-Arts du Port.
Actuellement en deuxième année, je travaille autour de diverses notions qui me sont chères, dont l’autoportrait, la mémoire intime et collective, ainsi que la couleur rouge.
Je nourris ma pratique de différentes symboliques (religieuses, historiques, culturelles) et interroge mon histoire et mon corps à travers des mises en scène, le tout dans une esthétique d’horreur sublimée.

Ma démarche artistique
Ma pratique artistique s’inscrit dans une recherche introspective, traversée par des axes récurrents : l’autoportrait, la mémoire intime et collective, le corps, le symbole et la couleur rouge.
À travers des médiums variés (dessin, peinture, estampe, photographie, volume, vidéo et écriture) je cherche à me comprendre et comprendre mon entourage.
Cette recherche à donné naissance à un autoportrait directement inspiré du langage formel d’Alphonse Mucha.

J’y reprends ses lignes épaisses, ses ornements floraux et sa composition structurée, tout en y intégrant des éléments plus personnels : la courbe de Fibonacci, des lys, une bordure dorée et un jeu de miroirs.
Le miroir devient ici une métaphore de l’identité « je ne suis que le reflet de ce que j’ai pu être« .
L’illustration met en scène un dialogue entre mon moi enfant et mon moi adulte à travers une métaphore florale opposant les fleurs écloses à celles qui ne le sont pas encore, traduisant une affirmation progressive de l’individualité.
La palette chaude et orangée évoque une identité solaire, contrastée par des rouges et des pourpres que j’affectionne particulièrement.
À la manière de Mucha, j’intègre également le texte dans l’image, en faisant de mon nom et prénom un ornement à part entière.
La notion d’autocensure/de sacrifice émerge alors comme un thème fondamental de ma pratique. Le rouge devient prépondérant, tout en faisant intervenir des visuels très graphiques comme une descente d’organes par exemple.

C’est le cas d’ un projet d’estampe, qui donne à voir un spectacle horrifique où j’égorge mon moi plus jeune. Inspirée de références religieuses et iconographiques, notamment la « Madone à l’Enfant », cette image symbolise l’effacement de soi.
Cette réflexion est nourrie par une citation de Michel del Castillo dans “Francisco Goya”, artiste dont j’admire autant l’horreur que la capacité à se représenter lui-même:
« La justification débouche , qu’on le veuille ou non, sur une éthique rassurante ».
C’est-à-dire un bilan entre ce que l’on croyait être et ce que l’on est réellement devenu.
La couleur rouge s’impose progressivement comme un fil conducteur majeur de mon travail. Rapidement associée au sang, elle apparaît de manière explicite dans un projet autour du phénomène atmosphérique, sous la forme d’une pluie de sang transformée en bijoux.
Ce travail résonne avec « Autoportrait au collier d’épines et colibri » de Frida Kahlo, la photographie « Nu » de Germaine Krull (1935).
Pour approfondir cette réflexion sur le rouge, je me suis appuyée sur les écrits et conférences de Michel Pastoureau, qui analyse cette couleur comme ambivalente, à la fois aimée, redoutée et chargée de pouvoirs symboliques, politiques et religieux.
Cette recherche théorique nourrit directement mon travail pictural, notamment dans un camaïeu de rouges inspiré d’un drapé.
À travers la peinture à l’huile, j’ai découvert la capacité de ce médium à créer de la profondeur. L’intégration de fragments de tissu réel prolonge l’illusion du drapé et renforce la matérialité de l’œuvre.
Les associations évoquant la chair et la viande, bien qu’involontaires, m’ont rappelé le travail de Francis Bacon, notamment « Boeuf écorché ». Pour le traitement du drapé, je me réfère également à Evelyn De Morgan, figure du symbolisme, mouvement explorant les dimensions cachées de la réalité.
L’enfance devient un prétexte pour parler de la mémoire, une thématique qui m’est très chère. Je présente cette notion dans un projet de sérigraphie, « La mémoire (est) le cœur de votre identité », directement lié à mon histoire personnelle et à la maladie d’Alzheimer dont souffrait ma grand-mère.
La peur d’oublier qui je suis traverse ma pratique et explique sans doute la récurrence de l’autoportrait.
Enfin, mon projet de “dessin hors papier” sur moustiquaire vient synthétiser mes axes de recherche.
Support chargé de souvenirs d’enfance, évoquant mon lit de princesse, la moustiquaire accueille une projection mêlant dessin, texte et autoportrait. Le texte « I used to be a mature child, now I am childish women. » pouvant être traduit par « J’étais une enfant mature, je suis devenue une femme immature. ». La superposition de la lumière et du tissu fait écho au travail de John Hilliard, notamment son photomontage « Songbirds ».


